[Désolé pour le retard, j'ai eu quelques imprévus...]
Depuis son « entretien » avec Sessho dans la salle d’étude, Kaede avait réorganisé complètement ses journées. Dans l’état actuel dans lequel il se trouvait il lui faisait vraiment peur et c’est pour ça qu’elle tenait à faire plus attention que d’habitude. D’ailleurs ce qui lui causait pas mal de souci était la question de savoir combien de temps il allait rester avec une telle attitude. Ainsi, elle faisait le plus souvent en sorte de se trouver au milieu d’une foule compacte afin que son passage reste inaperçu. Néanmoins il était évident que ce n’était pas toujours possible, dans ce cas là elle marchait normalement, espérant que sa chance ne la lâcherait pas. Car la jeune femme s’était fait la promesse il y a bien longtemps que jamais elle ne laisserait sa vie être guidée par la peur. A présent elle comprenait que ce n’était pas si simple et qu’elle devrait prendre sur elle-même…
Pour diverses raisons, l’orpheline avait pris comme résolution de se rendre dans la salle de musique. Quand elle pénétra dans la salle, elle fit rapidement la constatation qu’il y avait du monde et une certaine agitation. Cela n’avait rien d’étonnant avec trois gardes et une orpheline. Elle ne se demanda pas d’ailleurs si cette dernière avait des ennuis, elle en avait déjà sa dose de son côté. Kaede avait parfaitement conscience qu’un tel raisonnement pouvait paraître cruellement égoïste mais qui était venu à son aide quand elle en avait eu presque vitalement besoin ? Personne… Vraiment en définitive, elle n’était plus du genre à défendre « la veuve et l’orphelin », elle disait à présent plutôt volontiers « chacun sa merde ». Cependant ça n’empêchait pas que ce soit quelqu’un d’extrêmement reconnaissant si jamais elle recevait une marque de bonté désintéressée. Avec un sourire amer, elle se rappela que ça ne pouvait pas arriver…
D’une démarche calme la jeune femme traversa la pièce et alla se poser au fond de la salle, farfouillant tranquillement dans les instruments de musique sans ajouter un mot, toujours sur ses gardes malgré sa désinvolture. Son allure pouvait renvoyer un côté hautain d’un point de vue extérieur pourtant ce n’était pas tellement le cas. Sa seule préoccupation étant de finir au plus sa tâche et de s’en aller l’instant d’après, ce qui malheureusement pour elle était peu probable...